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La tendance globale de hausse des budgets de défense s’illustre également au  Canada, qui mise sur des investissements massifs pour préparer ses forces armées aux nombreux défis qu’elles pourraient être amenées à relever. Dans un premier temps, le pays entend se doter du meilleur appareil possible pour son programme d’entraînement.

Livré en juin 2026, le premier Airbus H135 de l’Aviation royale canadienne (ARC) a permis le lancement de son programme de formation des futurs personnels navigants (FAcT). Baptisé CT-153 Juno, en souvenir d’un événement majeur de l’histoire militaire canadienne, l’hélicoptère est doté d’une livrée associant le bleu foncé et le « jaune d’entraînement » traditionnel de l’ARC. Ce choix n’est pas le fruit du hasard : il met en lumière l’un des chapitres les plus glorieux de l’histoire de l’aviation canadienne, à savoir sa participation décisive au plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique visant à former les pilotes alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Son nom rappelle par ailleurs le rôle clé joué par le Canada lors du débarquement de Normandie sur la plage de Juno.

Close-up view of the CT-153 Juno (Airbus H135)

À l’heure actuelle, les tensions géopolitiques atteignent un niveau inégalé depuis cet affrontement mondial. Face aux conflits armés en cours  en Europe et au Moyen-Orient, les États du monde entier se demandent s’ils disposent du matériel adapté pour se défendre. Le Canada ne fait pas exception. Ainsi, SkyAlyne a commandé 19 H145 afin de renouveler la flotte d’entraînement de l’ARC et désormais réceptionné le premier appareil.

An Airbus H135 helicopter in the FAcT (Future Aircrew Training) livery flying through a clear blue sky

S’entraîner pour être les meilleurs

L’arrivée de cet hélicoptère s’inscrit dans le cadre d’une refonte complète du programme de formation canadien. D’une durée de 25 ans, ce projet prévoit la livraison de 71 nouveaux appareils pour un investissement total de 11,2 milliards de dollars canadiens.

« Le programme FAcT transformera profondément l’entraînement des équipages de l’ARC », explique Kevin Lemke, directeur général de SkyAlyne, une joint-venture créée par CAE et KF Aerospace, deux acteurs majeurs du secteur canadien de l’aéronautique et de la défense, qui assurent la maîtrise d’œuvre du projet. « Il s’agit d’un programme emblématique pour le gouvernement. C’est le plus gros contrat de service de l’histoire du Canada. »

En effet, le projet prévoit une modernisation complète de la formation au sein de l’ARC, qui représente pour les autorités une étape essentielle dans la constitution  d’une puissance aérienne de pointe. Le raisonnement est simple : pour bâtir la meilleure armée de l’air, il ne suffit pas d’avoir les meilleurs appareils, il faut d’abord former les pilotes qui les feront voler. « Peu importe le nombre d’appareils achetés », poursuit Kevin Lemke. « Si vous ne disposez pas d’équipages capables de faire fonctionner ces systèmes, vous n’avez pas de force aérienne. »

Royal Canadian Air Force (RCAF)'s Airbus H135 takes to the skies

H135 : le meilleur des deux mondes

Certains estiment que pour maîtriser le pilotage il faut apprendre sur un appareil qui n’offre que peu d’assistance, sans les aides apportées par une avionique avancée conçue pour alléger la charge de travail du pilote. D’autres considèrent au contraire qu’il faut former les élèves-pilotes sur des hélicoptères de dernière génération, afin de les familiariser dès le début avec les technologies qu’ils utiliseront tout au long de leur carrière.

Dans ce contexte, le H135 présente un avantage de taille : il permet non seulement aux pilotes de s’entraîner sur Helionix, mais aussi de désactiver certaines options et fonctionnalités. Les élèves bénéficient ainsi du meilleur des deux mondes : ils découvrent les technologies de pointe tout en apprenant les fondamentaux du pilotage.

Selon le colonel Lauri Denis, le CT-153 Juno est l’outil idéal pour former les pilotes susceptibles d’être confrontés à des menaces très diverses. « C’est exactement le type d’entraînement dont les équipages ont besoin pour être prêts à embarquer sur nos plateformes de nouvelle génération et nos unités opérationnelles et être en mesure de combattre aux côtés de nos alliés pour défendre le Canada », précise-t-il. « Ici, nous savons tous que la menace est bien réelle. »

The CT-153 Juno's tailboom, sporting the Canadian flag

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